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Terres Du Nord

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  • Création : 27/07/2006 à 05:18
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#Posté le jeudi 27 juillet 2006 05:21

Terres du Nord

Chapitre Premier
Première Partie

Ils rejoignirent Naggaroth, en Contagure, à l'aube. Naggaroth était entourée d'une barrière naturelle constituée de taillis et de conifères. La forêt abritait des espèces très variées. Un vent léger, chargé de la douce musique des Ménestrels traversait la ville. Ils passèrent dans une ruelle étroite et sinueuse au Nord de la cité. Il y planait une douce odeur de Klah et de pain au miel. A un étal, un marchand leur indiqua une auberge. Ils espéraient y entendre quelques nouvelles avant de reprendre leur périple vers les Terres du Drakwald mais aussi s'y alourdir l'estomac de mets plus consistants que le pain de route rassis.


L'adresse du marchand les conduisit dans la partie Est de la ville, de plus en plus sordide au fur et à mesure qu'ils s'y engageaient. Il faut dire que leur aspect, après trois semaines de voyage ne correspondait pas du tout au standard de voyageurs prospères. L'un des compagnons, Lemn, une cicatrice barrant sa joue droite, seul témoignage de la rencontre, trois ans plus tôt avec un géant des glaces; était habillé d'une tunique informe d'une couleur imprécise tachée de boue. Sous la capuche rabattue sur son visage, ses yeux verts et perçants scrutaient les personnes alentours tel un aigle en quête d'une proie. Quant à Dacède, il était habillé d'une cape brune, d'un pantalon noir également taché et d'un bliaud bleu sombre. Comme Lemn il épiait nerveusement les environs. La fatigue alourdissait leurs mouvements et traçait des cernes profondes sur leur visage. Ils arrivèrent devant la porte de l'auberge. Sur une pancarte branlante était inscrit "Auberge du Rat mort". De toute évidence, elle portait bien son nom...

L'auberge était sombre et sentait le vin et la bière. La salle, basse de plafond était encombrée de tables occupées et bruyantes. A leur entrée, les discussions s'étouffèrent. Des yeux méfiants les suivirent lorsque Lemn se dirigea vers le comptoir. Un porc à la broche cuisait dans la cheminée. "Donnez m'en deux parts, dit-il en désignant la carcasse sur le feu." Il tira deux pièces de cuivre de sa besace. Le serveur s'en empara et lui indiqua une table au fond de la salle. Dacède s'installa après un bref signe de tête aux trois personnes qui y étaient installées. Lemn arriva peu après avec un pichet de vin. "Ce n'est pas du vin de Caldère mais il fera l'affaire de ce soir.
-Remplis donc nos chopes au lieu de te plaindre." Il leur adressa un regard bougon puis s'assit. Bientôt les chopes s'entrechoquèrent "A nous!" Le serveur déposa de généreuses portions de viande devant eux. Un fumet odorant s'en dégageait. Sans plus attendre ils attaquèrent leur part.

Après le repas, ils engagèrent une discussion avec leurs trois voisins de table. "Vous semblez venir de loin, étrangers. Qu'est ce qui vous amène en Naggaroth?
-Nous ne faisons que passer dans la région... dit Dacède en hésitant, nous sommes des m..." Un grand coup de pied sous la table l'interrompit.Lemn prit la parole: "Des ménestrels en quête d'histoires nouvelles à ajouter à notre répertoire.
-Et comment ce fait il que des ménestrels voyagent sans leurs instruments ?
-Nous n'avons pas eu de chance sur ces routes incertaines. Des brigands nous les ont dérobés en chemin...
-Bandits charitables qui vous ont laissé vos bourses!" s'esclaffa leur convive en assenant une violente bourrade dans son épaule. Ses compagnons éclatèrent de rire. En se massant l'épaule, Dacède commanda un pichet de vin sous les quolibets de leurs compagnons de table.

Un peu plus tard dans la soirée, une fille de salle les conduisit à leur chambre.
La chambre mal éclairée au deuxième étage sentait le renfermé et la vieille sueur.
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#Posté le jeudi 27 juillet 2006 05:23

Modifié le samedi 29 juillet 2006 12:36

Terres du Nord

Seconde Partie

A l'aube, ils firent leurs paquetages. L'aubergiste leur apporta un maigre déjeuner constitué de gruau et d'une tasse de Klah tiède. Il réclama son dût d'un air rogue: "Cela fera trois pièces de cuivre pour le coucher et une pièce pour le petit-déjeuner." Dacède déboursa la somme et la lui tendit. Le bougon prit les pièces d'un geste brusque et les regarda d'un air dégoûté.
"Avez vous de quoi nous laver? demanda Lemn.
-Ca fera trois pièces en plus..." répondit il en tendant la main. Les pièces tintèrent et le tavernier indiqua l'écurie de l'autre côté de la cour. "Je vous envoie quelqu'un de suite."
Il repartit servir ses autres clients.
Plus d'un quart d'heure plus tard, une femme de chambre apporta un seau d'eau chaude et savonneuse et repartit sans un mot.

Une fois décrassés et rasés, ils sortirent de l'auberge en direction de l'Ouest, la rosée couvrait les toits des bâtisses encore endormies, le brouillard matinal tardait à se lever. Ils arrivèrent bientôt sur la grande place du marché. Les marchands installaient leurs articles. Dacède s'arrêta près d'un étalage pour y jeter un oeil. Tout de suite un petit homme surexcité s'affaira:
"Je vois que vous êtes intéressé par mes étoffes... Regardez celle-ci, elle ressort parfaitement avec votre tunique, elle sera du plus belle effet, et elle est à un prix tout à fait raisonnable." Cette étoffe coûtait un prix exorbitant. D'un signe de tête Dacède le renvoya. Le propriétaire s'affaira près d'un autre intéressé le considérant certainement plus "profitable". Lemn s'arrêta ensuite près d'un autre marchand. "Bonjour, lui fit-il gaiement, de quoi ont besoin nos braves gens?"
Lemn lui rendit son salut d'un simple signe de tête. "Je voudrais du poisson séché, des feuilles de Liioth et une corde de dix coudées." De bonne humeur l'acquéreur s'empressa de dégoter ce qu'il lui avait demandé en chantonnant un air typique de Contagure.
Les achats faits, ils repartirent par une ruelle étroite. Quelques minutes plus tard, ils étaient sortis de la ville. La ville n'était pas aussi grande qu'ils l'auraient cru.
Ils longèrent l'Itmaeer, fleuve réputé pour son poisson abondant. Le fleuve les conduirait en amont vers les montagnes de Drakmor, vers le Fort d'Airan qui serait la prochaine étape. Une légende racontait qu'un nain dénommé Drakmor avait donné son nom aux montagnes en les franchissant alors que l'eau recouvrait encore la plaine du Drakwald. On racontait aussi qu'il fit construire un château à l'endroit où lui apparut le Dieu Tar.
Au bout de quelques heures de marche, un hennissement les fit sursauter. Il provenait de la droite, d'un bosquet touffu où ils aperçurent trois chevaux. Leurs propriétaires, le dos transpercé de flèches gisaient dans un amas de boue. Ils s'approchèrent des corps, guettant le moindre signe de leurs agresseurs. Tout semblait calme. Pendant que Lemn dépouillait les corps ensanglantés, Dacède montait la garde. Les traces n'étaient pas très fraîches, cinq heures tout au plus. Il ne s'attendait donc pas à voir apparaître les assaillants. Il alla ensuite examiner les chevaux et en déclara un inapte, la cuisse de l'animal était transpercé par deux flèches. Il abattit le cheval blessé d pour lui épargner des souffrances inutiles. Il prit les deux autres chevaux épuisés puis les déssella. Les chevaux entravés, il prépara un feu. Dans les sacoches, Lemn trouva une poignée de pièces sans valeur et une carte de la région qui allait être d'une grande utilité pour se repérer. "Ces chevaux nous permettront de rejoindre le Fort d'Airain avant la prochaine Lune...
-Le chemin semble dangereux si j'en crois le sort de leurs anciens propriétaires. Il faudra être prudent.
-Ces flèches portent les marques du Dieu Tar. Peut-être une tribu de la montagne, ajouta Lemn, en examinant la flèche qu'il tenait en main." En effet, une marque sombre sur la flèche représentait un loup aux crocs dénudés.
"Profitons de la nuit pour arriver au village de Maltuf, il se trouve d'après la carte à quelques lieues d'ici.
-Je vais préparer les chevaux."
Ils reprirent quelque temps plus tard leur route avec les nouvelles montures. Celle de Lemn était noire et d'une taille moyenne pour un coursier. Il répondait soigneusement à la moindre pression des talons. L'autre était un alezan fauve de grande taille. Entêté, il dépassait le cheval de Lemn pour se placer en tête. "Je vais l'appeler Métyf, dit Lemn en montrant sa monture, et comment vas tu nommer cette superbe bête?" Il décocha un regard taquin à son compagnon.
"Je ne sais pas... Je n'y ai pas vraiment réfléchi. Je pense que Lheur lui conviendra." Dacède tapa affectueusement l'encolure de son animal qui sembla acquiescer en secouant vivement la tête.
Le chemin devint assez large pour circuler sans encombre flanc à flanc. Une odeur de terre et de résine se mêlaient à l'odeur peu commune du fleuve crayeux. Petit à petit, Dacède glissait dans une sorte de torpeur... Cet objet qu'ils transportaient et qui attirait tant de convoitise méritait-il qu'ils sacrifient, lui et Lemn, sa vie et celle de son compagnon? Lemn l'interrompit dans ses rêveries: "Quelqu'un vient."
Le bruit s'amplifia. C'était une caravane de marchands, Ils leur firent signe et la caravane s'arrêta. "Qu'voulez?
-Quel genre d'articles vendez-vous?
-J'vends des v'tements, nous v'nons de Melden et f'sons route vers Naggaroth.
-Je veux deux tuniques souples et résistantes pour moi et mon ami.
-V'nez à l'arrière mes p'tit gars, j'vais vous trouver quequ'chose."
Le vendeur leur fit essayer deux tuniques. Dacède prit une tunique noire et souple qui ne gênait pas ses mouvements, celle de Lemn était d'un bleu sombre et plus courte. Pendant qu'ils enfilèrent les tuniques, le reste de la caravane s'ébranla et disparut au tournant du chemin. En payant, Lemn apprit que Maltuf n'était qu'à quelques minutes, une simple bourgade sans intérêt selon le marchand qui pressa son attelage pour rejoindre la sécurité de la caravane.
Le village était construit à la lisière du bois, des torches résineuses encadraient les portes des bâtisses. Et leurs flammes vacillaient au grès des vents. Une demeure plus grande que les autres semblait faire office de maison communale. Leur arrivée n'était pas passée inaperçue. Un grand homme barbu à la carrure imposante s'approcha. "Maltuf vous hébergera si vos intentions sont honorables.
-Nous ne cherchons qu'un endroit pour dormir.
-Alors la grange au Nord du village vous conviendra certainement." dit-il en montrant de la main un chemin faiblement éclairé.
Ils se mirent donc en route dans la direction indiquée. La bâtisse était décrépie par endroit mais semblait encore solide. Des fentes dans le mur faisaient office de fenêtres. Dacède pris Lheur et Métyf par la bride et les emmena sur la paille fraîche dans un coin de la grange. Lemn défit leurs maigres bagages et sortit deux tranches de poisson. Il restait du pain de l'auberge qu'il avait pris au cas où ils en auraient besoin. Il le coupa en deux et le donna aux chevaux affamés. Après leur repas, ils s'installèrent sur la paille au fond de la grange et essayèrent de trouver le sommeil, ce qui n'était pas chose facile avec le bruit du vent qui sifflait par les piteuses fenêtres.
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#Posté le jeudi 27 juillet 2006 09:51

Modifié le samedi 29 juillet 2006 12:51

Terres du Nord

Troisième Partie

Des cris provenant de l'extérieur de la grange tirèrent Dacède de son sommeil. Il jeta un oeil par un des multiples trous de la bâtisse. Les villageois se ruaient en hurlant vers les portes du village. Oui, ils fuyaient quelque chose ou quelqu'un! Lemn se réveilla alors qu'il s'approchait de lui. "Quelque chose attaque le village, lève-toi!". Ils sortirent discrètement de la grange et partirent découvrir la cause de cet affolement. Des cadavres gisaient le long de la route et en s'approchant de l'un d'eux, ils découvrirent une flèche plantée dans son cou semblable à celle qu'ils avaient trouvée dans le corps des cavaliers. Dacède prit son fourreau et son épée, et Lemn détroussa un des morts de cette mystérieuse tribu de son arme. Ils longèrent la route jusqu'à la rue principale. Dacède s'arrêta et fit signe à son compagnon de se dissimuler. Un homme tenait le maire à genoux. Il était grand et bien bâti. Un rictus mauvais aux lèvres il s'approcha de l'homme. Sa lame aiguisée couverte de sang luisait à la clarté de la lune. Il l'approcha du cou de sa victime. "Où sont les mercenaires?
-Je n'en sais rien..." dit-il dans un souffle rauque, "De qui...parlez vous?
-Des deux hommes que tu héberges dans ton village, pauvre imbécile. Je t'épargnerai si tu me dis où tu les caches.
-Ils sont...par là, dans le grenier à foin." Il montra d'un doigt tremblant la direction de la grange. "Enfin nous les tenons!" Il trancha net la tête de son captif et une gerbe de sang éclaboussa ses chausses. Il se mit à rire à gorge déployée. Il appela deux de ses compères munis d'arc en contrebas et indiqua la direction de l'abri.
Ces personnes leurs en voulaient. Mais pour quelle raison? Était-ce pour l'objet qu'ils détenaient? Cette objet était donc convoité au point de les mettre en péril? Autant de questions sans réponses traversaient leur tête à ce moment. Depuis combien de temps les suivaient-ils, ils l'ignoraient.
Ils passèrent devant les restes du maire et suivirent la rue à l'inverse de la direction qu'avaient pris les trois hommes. Au bout de la ruelle pavée, ils virent deux brutes s'approcher la lame au clair. Lemn et Dacède sortirent les leurs et engagèrent le combat . Au bout de quelques échanges, Dacède tua son adversaire d'un coup, lui perforant les entrailles, il tomba dans un gargouillis étranglé sur le sol. Lemn assena au dernier un coup à l'épaule et l'acheva en lui tranchant la gorge. Ils n'avaient reçu que quelques coupures sans importances. Ils entendirent d'autres cris derrière eux, ils avaient été repéré. Lemn s'engagea dans une ruelle sombre et Dacède s'apprêtait à le suivre quand Lemn fit volte face : " Mauvais choix... Ils sont là aussi!" Quelques secondes plus tard une flèche leur siffla aux oreilles. Ils détalaient...Ils tombèrent dans une impasse, quatre hommes se tenaient derrière eux. "Donne nous l'Oeil et vos vies seront épargnées !
- Viens le chercher si tu le veux." Dacède levait sa garde quand une pluie de flèches s'abattit sur leurs assaillants.
Une porte s'ouvrit à leur droite et une silhouette sombre les pressa de la suivre. "Dépêchez vous!" Après une brève hésitation, Dacède consulta du regard son compagnon qui haussa les épaules et ils pénétrèrent à sa suite. Leur sauveur ajusta une barre en travers de la porte et se tourna vers eux. C'était une jeune femme habillée à la manière d'un soldat. Elle portait une tunique de cuir brun fauve sur un pantalon assorti, un arc barrait son torse et un carquois de flèches lui pendait dans le dos. Ils ne distinguaient pas son visage car l'obscurité les en empêcha. Calme, malgré l'urgence de la situation elle reprit: "Cela ne les retiendra pas longtemps... Je peux vous aider. Un souterrain part de cette pièce et mène à la sortie du village. Vos chevaux vous y attendent...
-Pourquoi nous aider?
-Votre mission est importante. L'Oeil doit parvenir à Samarra"
C'était la deuxième fois aujourd'hui qu'on désignait l'objet sous ce nom.

" Comment puis-je vous faire confiance?
-Vous n'avez pas vraiment le choix... Sachez que mon père était le maire de ce village et qu'ils l'ont tué comme ils vous tueront pour cette relique. Que décidez vous?
-Quel est ce présumé "Oeil" dont vous nous parlez?
-Ce n'est ni le lieu ni le moment d'en parler...Faîtes votre choix et vite."
A cet instant, la porte résonna de coups acharnés. Sans attendre leur réponse, elle se dirigea vers un meuble et le repoussa de l'épaule. Une ouverture se découpa dans le mur. Elle alluma une torche et s'engagea dans le souterrain. Dacède la suivit, Lemn à sa suite, ils n'avaient pas d'autres choix.
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#Posté le jeudi 27 juillet 2006 12:28

Modifié le samedi 29 juillet 2006 07:21

Terres du Nord

Quatrième Partie


Le tunnel n'était pas très long, quelques centaines de mètres au plus, taillé dans la pierre rouge de la région. L'entrée du souterrain, caché par un taillis, les fit sortir dans le bois, couleurs d'automne, à coté du village. Ils purent enfin découvrir la femme qui les avait aidé. Elle était, pour Dacède fort jolie, pour Lemn, une femme parmi tant d'autres, ses yeux brun allègres survolaient un nez droit et pointu. Une fine bouche contrastait avec son teint halé et une lune traçait une large anse aux motifs variés, ressemblant à des feuilles et des bourgeons entrelacés.
Cinq hommes attendaient à l'entrée du passage, armés et encapuchonnés. Ils portaient tous un tatouage en forme de lune sur la joue semblable bien que moins chargée à celle de la femme, signe d'appartenance au clan de la Lune Sandrée.
Là, trois chevaux attendaient les mercenaires dont Métys et Lheur. "Nous n'avions que deux chevaux. Le noir ne nous appartient pas, dit Dacède
-Je sais, répliqua t'elle d'un ton enjoué.
C'est le mien, je vous accompagne. Vous me devez bien ça. Non?" Sa question ne demandait aucune réponse de leur part et elle le savait. Lemn se figea. "Je ne pense pas que nous ayons besoin de quelqu'un d'autre. Nos rations sont déjà maigres et nous passerions moins inaperçus.
-C'est réussi pour l'instant! Pour les vivres, ne t'inquiètes pas, j'emporte les miens."
Elle avait raison. Elle se dirigea vers les chevaux et les chargea.
"Qui êtes vous? Je ne reconnais pas votre visage et pourtant vous nous avez sorti de ce pétrin.
-Vous pensez être les seules personnes à savoir ce que vous transportez? Vous ne vous imaginez même pas quels risques vous courrez!
-Peux tu m'en dire plus sur cet... intervint Dacède
-"l'oeil"! Plus tard!". Des bruits de pas provenant du tunnel interrompirent leur discussion. "Il faut faire vite. Au fait, je m'appelle Keira.
-Je m'appelle Dacède, et voilà...
-Lemn. Bienvenue parmi nous Keira, lâcha t'il sèchement"

Dans un galop vif, les chevaux les portèrent à l'orée du bois à l'est du village. Ils comptaient arriver à Melden plus tard dans la journée.
Pendant plusieurs heures, ils chevauchèrent de forêts en forêts, de plaines en plaines, vers le Nord en ménageant leurs montures. Ils laissaient derrière eux le moins de traces possible, en prenant les endroits secs et en évitant les routes commerciales et chargées. Ils mettraient plus de temps pour y arriver mais ils ne tenaient pas à voir leurs poursuivants rappliquer.

Le soleil était à son zénith. Les foulées de Lheur étaient plus grandes que celles des deux autres chevaux plus petits et Dacède dut les attendre quelques minutes, n'ayant pas remarqué la distance grandissante qui les séparait. Ils ralentirent l'allure de leurs chevaux à l'approche d'un fleuve. Sur la carte, ce fleuve nommée "Delessan" était à mi-chemin de Melden. Dans un renfoncement broussailleux, ils mirent pieds à terre pour y faire désaltérer les chevaux. Keira préparait le déjeuner composé d'une cuisse de dinde et de pommes séchées qu'elle tirait de ses fontes.
"Où est Lemn?
-Il est parti cela fait bien... dix minutes, répondit Keira. Il est parti inspecter les environs avec Métys pour...
-Dis m'en plus sur l'oeil, la coupa t'il"
Dans un soupir, elle répondit tout en coupant les articulations de la dinde : "Cette oeil appartenait, dit-on, à la famille Lillcol. Certains disent que cette oeil est maléfique et qu'il provient du
Dieu Dell en personne. Des textes racontent que l'oeil sauvera l'humanité toute entière mais nul ne sait de quoi ni comment. Les textes s'accordent à dire que l'oeil doit revenir dans le gouffre de Jamia à Samarra, là où tout à commencé." Elle interrompit son travail. Son regard s'assombrit et sa voix n'était plus qu'un murmure. "Tant de choses horribles ont commencé là-bas..." Elle s'arrêta de parler et il décida de ne pas insister sur ce sujet. Il relança la discussion en lui parlant de choses et d'autres, des simples qu'il connaissait pour les mets, pour alléger la tension qui régnait. Il s'aperçut qu'il la dévisageait, depuis quelques temps déjà. Si elle l'avait remarqué, elle ne laissa rien paraître. Cette fois ci, ils mangèrent à leur faim. Ils n'avaient pas attendu Lemn car il avait dit qu'il mangerait quand il reviendrait de son tour.
"Depuis quand connais tu Lemn? fit-elle." Dacède ne pu soutenir son regard et détourna les yeux.
Après un bref silence il répondit: "Lemn... Je l'ai connu alors que nous n'étions que des enfants d'une quinzaine d'années. Il venait de Nelf, moi de Tumult. Il est arrivé à Tumult avec sa mère pour trouver du travail. Ce qui n'était pas une chose facile quand on sait que même certaines personnes de la ville n'en avaient pas. Ce sont mon père et ma mère qui les prit pour les aider à charger le bac qui nous appartenait contre le logis et le dîner. Il est comme un frère pour moi. Nous avons grandi ensemble. Mais pour ses seize ans sa mère mourut des ravage causé par la grippe."
Lemn revint à ce moment même. "Des soldats arrivent par ici. Je crois qu'ils nous cherchent. L'homme que nous avons rencontré ce matin est à leur tête."
Keira éteignit le feu à la hâte à coups de pied dans la terre poussiéreuse pendant que Dacède ramassait les affaires. Lemn courut détacher les chevaux et les sella. Ils montèrent à cheval et s'élancèrent vers les bois sombres de l'autre côté. Ils leurs avaient échappés de peu. Ils entendaient derrière eux les cavaliers jurer et le bruits effréné de leurs montures. Dacède décida de brouiller les pistes. Il arracha la branche d'un conifère tant bien que mal et s'en servit pour effacer leurs traces en la traînant par terre, puis il entraîna son cheval dans une autre direction en se séparant du groupe.
Il descendit au fond de la vallée boisée puis vers le torrent. Il suivit son courant quelques dizaines de mètres, puis, sur un terrain caillouteux remonta sur la rive. Il effaça ensuite ses traces de la même façon et rejoignit ses compagnons qui l'attendaient à la lisière du bois. Ils espéraient que son plan marcherait et que les cavaliers suivraient les traces et en déduiraient qu'ils avaient suivi la rivière jusqu'à Fort Airan.
"J'ai brouillé la piste. Je les ai détourné vers le fleuve en aval." Ils répondirent d'un signe de la tête. "Partons maintenant." D'un coup de talon, il lança sa monture au petit galop vers le Sud, à l'opposé de leur destination. Ses compagnons éperonnèrent leurs chevaux. Le chemin vers Fort d'Airan allait être long.
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#Posté le vendredi 28 juillet 2006 16:23

Modifié le samedi 29 juillet 2006 07:21

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